Le bol d'eau.  

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vendredi 20 février 2009

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Rejetant ma chaise, et renversant le vin,
En haut du vaisselier, j’ai pris le plus grand bol,
Couru à la fontaine, le tenant à deux mains,
L’eau chantait, pure et fraîche, j’en prélevai l’obole.

Dans ma course haletante, elle revient lancinante,
L’image de l’enfant, sur qui la mort se penche,
Dont la vie se replie, aux grands yeux d’épouvante,
Braises parmi les cendres, où la vie se retranche.

Temps battu par les ailes, d’un vent incandescent,
Ah! Le sable s’effondre, où s’enlise l’espoir,
Et le vautour attend, sous un ciel indécent,
Que survienne la fin, de l’enfantelet noir.

Oh, soulever sa nuque, pour humecter ses lèvres,
Et verser doucement, l’eau vive de la fontaine,
Allonger la pénombre, sur ce brûlot de fièvre,
Percevoir son haleine, au cou battre la veine...

Mais les dunes s’effacent, et parait le village,
Il plane sur les chaumes, un silence de malheur,
Parmi les torchis rouges, l’enfant gît, sans ombrage,
La mère à son côté, pleure sans larmes, pleure...

Joël LEPLAT (tous droits réservés)

La dernière mise à jour de ce site date du 20-02-09